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Banc de Loire Pêche en Indre-et-Loire
01 BORDURE : moins d'un mètre, le bord de sable, les herbiers, l'initiation et le black-bass d'étang.

Poissons et milieux · BORDURE

Le black bass des étangs tourangeaux

Herbiers, branches immergées et bordures chaudes : les postes du black bass en étang, ses saisons d'activité et les leurres de surface à essayer.

Black-bass tenu à la main juste au-dessus d'une nappe de nénuphars, gueule large et dos vert sombre, ondulations concentriques autour du poisson, saules en arrière-plan.
BORDURE. Image générée.

BORDURE

  • Saison : toute l’année
  • Débit : selon le jour
  • Leurre : selon la cote

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Ce qu'on cherche
Herbiers, branches immergées et bordures chaudes : les postes du black bass en étang, ses saisons d'activité et les leurres de surface à essayer.
Ce qui change selon l'eau
BORDURE : moins d'un mètre, le bord de sable, les herbiers, l'initiation et le black-bass d'étang.
Ce que la page historique ne dit pas
L'adresse reprise ici est un relevé d'archive du 02/04/2014 : ce relevé ne portait ni le débit du jour, ni la date d'ouverture de la pêche, ni la taille légale de l'année. Ces trois valeurs se vérifient auprès de la source publique citée en fin de page.

Vous cherchez un carnassier qui casse la routine des étangs et vous oblige à pêcher juste. L’achigan à grande bouche, que vous appelez aussi black-bass, perche truitée, perche truite, perche d’Amérique ou perche noire, correspond à ce portrait. L’espèce porte le nom scientifique de Micropterus salmoides et appartient à la famille des Centrarchidae. C’est un poisson d’eau douce qui vit en Amérique du Nord et qui a été introduit en Europe à la fin du XIXe siècle, avec une introduction en 1878 sur le continent et en 1880 en France. Il est recherché et élevé pour la pêche de loisir.

Son nom canadien-français d’achigan dérive de l’algonquin At-Chi Gane, soit « celui qui se bat », en référence au comportement très combatif des espèces du genre Micropterus. Le qualificatif « à grande bouche » permet de le distinguer d’une autre espèce du même genre, l’achigan à petite bouche, nommé Micropterus dolomieu. Vous comprenez donc dès le nom à quoi vous avez affaire : un poisson bagarreur, taillé pour l’attaque à vue et pour la défense énergique une fois piqué.

Comment le reconnaître au bord de l’eau ?

Vous avez devant vous un corps trapu, assez allongé et légèrement comprimé latéralement, qui rappelle celui d’une perche robuste, en plus massif et plus large. La tête est forte, avec des yeux noirâtres. La bouche est large, avec une mâchoire inférieure proéminente, ce que les biologistes décrivent comme une bouche supère. L’opercule est triangulaire, avec des bords lisses. La dorsale est caractéristique : échancrée, avec une partie terminale plutôt grande. Le dos est vert-bronze foncé, avec des flancs plus clairs, vert olive. Des taches plus foncées sont éparpillées sur le poisson, notamment au niveau de la ligne latérale, depuis les pectorales jusqu’à la caudale. Ces repères vous aident à ne pas le confondre avec la perche aux leurres que vous croisez sur les mêmes secteurs encombrés.

Pourquoi vise-t-il les eaux chaudes et encombrées ?

Vous le trouvez là où l’eau se réchauffe vite et garde des abris. C’est une espèce thermophile, avec une préférence pour les eaux chaudes, qui réside dans les étangs, les réservoirs, les lacs, ainsi que les cours d’eau lents et les annexes fluviales. Vous notez une petite tolérance à l’eau saumâtre. Il préfère les eaux assez claires, riches en végétation et autres abris. En France, son abondance reste généralement faible, malgré de nombreux repeuplements liés à l’attrait pour la pêche sportive et pour la consommation. Vous pouvez replacer ces milieux dans le tableau des poissons et milieux en Indre-et-Loire pour préparer vos repérages d’étangs et d’annexes calmes.

Où chercher ses postes dans un étang ?

Vous prospectez d’abord les bordures où la lumière porte et où la végétation crée des couloirs. Puisque ce prédateur chasse surtout à vue et préfère les eaux claires ou peu profondes, tout en se satisfaisant d’une eau teintée, vous regardez les herbiers clairsemés, les pointes de joncs, les nénuphars en lisière et les branchages immergés. Il chasse dans toute la colonne d’eau et cherche ses proies aussi bien sur le fond qu’à la surface. Il est bien adapté à la chasse dans une végétation plus ou moins dense ou avec des branchages immergés. Vous lancez donc près du couvert, puis vous ramenez vers le large, en laissant le leurre traverser les trouées, les ombres et les transitions entre sable et herbe.

Comment lire la végétation et les branchages ?

Vous considérez chaque touffe comme un poste possible et chaque tronc noyé comme un affût. Le poisson s’y tient pour voir sans être vu, puis il fonce sur quelques mètres. Vous pêchez méthodiquement : un lancer le long de la bordure, un lancer dans la trouée, un lancer qui frôle le bois. Vous variez la hauteur dans la colonne d’eau, car l’espèce explore le fond comme la surface. Vous restez discret dans vos déplacements et dans la pose du leurre, car ce poisson très vorace reste méfiant. Une ombre brutale, un bruit de berge ou une récupération trop mécanique peuvent l’amener à suivre sans mordre ou à se décrocher dès qu’il se sent contraint.

Détail recadré au carré : la main refermée sous la mâchoire du black-bass, écailles et opercule nets, feuilles rondes de nénuphar à la surface, lumière filtrée par les arbres.
Détail recadré au carré : la main refermée sous la mâchoire du black-bass, écailles et opercule nets, feuilles rondes de nénuphar à la surface, lumière filtrée par les arbres.BORDURE Image générée.

Quand le frai change-t-il son comportement ?

Vous calquez une partie de votre saison sur sa reproduction. La maturité sexuelle est atteinte vers 2 ou 3 ans, et dès deux ans en pisciculture. Les femelles ne pondent qu’un tiers des œufs qu’elles possèdent. Le frai se déroule de fin avril à juillet, à des températures de 15 à 25 °C, en eau peu profonde sur un substrat de sable plus ou moins graveleux. Il semblerait que les plus gros spécimens pondent en premier dans des eaux plus profondes. Les femelles peuvent émettre plus d’un million d’œufs durant la période de reproduction. Les œufs mesurent entre 1,3 et 1,8 mm de diamètre. Les larves mesurent jusqu’à 5 mm et les alevins d’une même fratrie ont tendance à rester en banc, protégés par le mâle. On estime que les jeunes individus se dispersent progressivement après avoir atteint 3 cm. La fiche de l’achigan à grande bouche détaille cette séquence et vous donne des repères pour comprendre les regroupements de printemps.

Que mange-t-il vraiment au fil des mois ?

Vous adaptez la taille de vos leurres à son régime, qui varie selon la maturité. Les jeunes consomment essentiellement du plancton, des insectes aquatiques comme les notonectes et les larves de libellule, et des petits crustacés. À partir de quelques mois, les jeunes s’intéressent surtout à de plus gros insectes tels que des papillons, des éphémères et des libellules, mais consomment encore des mouches et des moustiques. Les adultes s’attaquent à des proies plus grosses et sont très opportunistes : ils consomment principalement d’autres poissons plus petits qu’eux ainsi que des écrevisses, en fonction de la disponibilité de la ressource. L’adulte s’attaque aussi fréquemment à des grenouilles, et même à des rats d’eau. Il a aussi un comportement cannibale, surtout chez les individus de taille moyenne envers les larves. Tout ce qui a la taille de sa gueule et qui bouge peut constituer son prochain repas.

Quelles tailles pouvez-vous rencontrer ?

Vous gardez en tête des chiffres simples pour régler votre matériel et votre épuisette. En France, les plus gros spécimens mesurent aux alentours de 50 cm pour un poids de 3 kg, alors qu’aux États-Unis d’Amérique, un maximum de 94 cm pour plus de 10 kg est enregistré, ainsi qu’un autre poisson de 10,120 kg au Japon. La taille habituelle des adultes que l’on peut trouver en France se situe entre 25 et 40 cm. Sa croissance est très rapide : il atteint 12 à 15 cm en quelques mois à l’automne. Sa longévité est assez élevée, avec un maximum de 15 ans pour une moyenne de 6 à 8 ans. Vous visez donc le plus souvent des poissons de taille intermédiaire, mobiles, capables de s’abriter vite et de refuser un leurre mal présenté.

Quels leurres gardent la discrétion nécessaire ?

Vous le capturez de préférence au lancer, avec des leurres souples, des poissons nageurs, mais surtout avec des leurres de surface, car les attaques sont impressionnantes à observer. Bien qu’il puisse être pris aux appâts naturels, comme des poissons morts ou vivants tels que le vairon, l’ablette, le goujon, le gardon et le chevesne, des morceaux de couenne de porc, des sauterelles ou des vers, la pêche aux leurres vous donne le contrôle de la discrétion et de la trajectoire. Vous allongez vos lancers, vous posez sans claquer, vous animez par de petites tirées et vous marquez des pauses. Vous trouverez des bases d’animation et de choix de profils sur la page des techniques aux leurres pour ajuster la nage à l’eau claire et aux herbiers de vos étangs.

Comment gérer le combat bouche grande ouverte ?

Vous ne relâchez pas votre attention au ferrage, car tout se joue dans les premières secondes. Sans une bonne technique du pêcheur, le poisson peut facilement échapper au pêcheur, car une fois ferré, celui-ci se débat la gueule grande ouverte, ce qui facilite le décrochage. Vous gardez donc une tension constante, canne basse si le poisson secoue en surface, sans donner d’à-coups. Vous anticipez les chandelles et les ruées vers le couvert, et vous accompagnez plutôt que vous bloquez. L’espèce vit en Amérique du Nord dans le bassin du Saint-Laurent et des Grands Lacs, la baie d’Hudson par la rivière Rouge, le bassin du Mississippi, les bassins versants atlantiques de la Caroline du Nord à la Floride et la partie nord du Mexique, et elle a été largement introduite ailleurs, notamment en Europe, au Japon et en Afrique australe et en Afrique du Nord. En France, où l’espèce est introduite, son impact écologique n’est pas encore très bien connu, notamment en matière de concurrence alimentaire et d’éventuelle éviction d’espèces indigènes. La pression exercée sur les espèces proies, comme les poissons blancs, peut très localement être plus forte que celle du sandre ou du brochet, mais il supplante rarement ces derniers, et il reste lui-même une proie fréquente pour le brochet jusqu’à une certaine taille.

Vous pouvez noter à chaque sortie la température de l’eau, la clarté, la profondeur du poste, le type de couvert et la hauteur de nage qui a provoqué l’attaque, puis comparer ces notes d’un étang à l’autre pour choisir votre leurre et votre angle d’approche.

Correspondance des trois étages d'eau
CoteHauteur d'eauFondLeurre de départPages
Borduremoins d'un mètresable, graviers, herbierscuillère légère, leurre de surfacepage courante
Mi-eaula couche de chasseveines de courant, seuilspoisson nageur, leurre souple6 pages
Fossele fond de la fossemouilles, fosses de pontplomb lourd, mort-manié5 pages

Repères de lecture

La rédaction ne publie ni poids de plomb ni taille de cuillère en chiffres : les valeurs utiles dépendent du débit du jour, de la profondeur réelle du poste et de la vitesse du courant, que seule la lecture du bord donne. Ce que la page décrit, c'est la relation entre l'étage d'eau et le geste, pas un barème.

Poisson tenu verticalement devant le pêcheur, corps tassé et dos sombre, nénuphars et eau verte dans le bas du cadre, lumière tombée des arbres du bord.
Poisson tenu verticalement devant le pêcheur, corps tassé et dos sombre, nénuphars et eau verte dans le bas du cadre, lumière tombée des arbres du bord.BORDURE Image générée.

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